À la rencontre du plus impressionnant des animaux : l’éléphant, emblème du pays
C’est sur cette île de l’océan indien que l’on trouve la deuxième plus importante population d’éléphants d’Asie. Selon le dernier recensement ils seraient entre 6000 et 7500 à cohabiter avec les sri-lankais. Devenu un véritable symbole du pays, le pachyderme est partout. Voici quelques façons de partir à sa découverte.
Une place de choix dans la spiritualité
L’éléphant est très présent dans les deux grandes religions du Sri Lanka. Parce qu’il prête son visage au dieu Ganesh, le géant est particulièrement populaire dans l’hindouisme. Cette divinité, qui règne sur la sagesse et la connaissance, est une des plus importantes du panthéon hindou. Mi-enfant, mi-éléphant, elle est très souvent invoquée pour abattre les obstacles qui pourraient se dresser entre le croyant et son objectif. Une vénération partagée avec les bouddhistes dont la mythologie est pleine d’autres histoires et légendes autour du pachyderme.

Il n’est pas rare de croiser des représentations du futur Bouddha, à cheval sur le dos de cet impressionnant mastodonte. Dans ce type d’illustration, l’éléphant représente le savoir et sa capacité à nous guider vers l’illumination. Une allégorie qui occupe une place de choix dans les bas-reliefs du célèbre « Temple de la dent » de Kandy. Lors de la fête de la pleine lune, ou festivités de Perahera, ce sont d’ailleurs des pachydermes qui mènent la procession en l’honneur de la relique sacrée. Jongleurs, danseurs et acrobates y escortent les animaux, spécialement parés pour l’occasion. Un spectacle haut en couleurs pour faire l’expérience de la ferveur bouddhiste.
Le bien-aimé de l’artisanat
Prolifique dans la nature environnante et star de la mythologie locale, l’éléphant est naturellement devenu un modèle de choix pour les artisans sri-lankais. Il suffit de pousser la porte de n’importe quelle échoppe pour le voir s’afficher dans les rayons. Les sculpteurs rivalisent de dextérité pour lui donner vie dans un morceau de bois. Après avoir sélectionné la pièce adéquate, ils taillent d’abord une forme grossière avant d’y ajouter les détails. Peu à peu, avec l’aide d’outils simples, la silhouette de l’éléphant apparaît. Une fois poncée et polie, la statue est prête à être choisie par son prochain propriétaire. Un travail précis, qui peut parfois demander des heures de façonnage pour les figurines les plus imposantes. La région de Galle a fait des sculptures d’éléphant en ébène, sa spécialité. Un bois rare pour des pièces particulièrement précieuses.

Au jeu de la patience et de la précision, le batik s’impose comme un sérieux concurrent aux statuettes ligneuses. Cette technique d’impression sur tissu requiert de la cire, de la teinture et du temps. Au rythme d’une couleur par bain de trempage, l’artisan dessine lentement le motif qu’il a choisi. Parmi l’éventail de représentations possibles, l’animal totem du pays fait évidemment partie des plus peints. En tissu d’habillement, sur des tentures murales ou pour décorer des objets, l’éléphant est partout. Plus la pièce affiche de nuances, plus le travail fut long. En textile ou en bois, ce gigantesque animal devient un charmant souvenir à ramener chez soi.